#RythmesScolaires : mon école maternelle saigne…

Je suis maman depuis dix ans et je fréquente l’école maternelle depuis sept ans bientôt. Cette école, j’y suis extrêmement attachée car l’équipe qui lui donne vie est particulièrement dévouée aux enfants.  Aujourd’hui cette école n’est plus que l’ombre d’elle-même. Les sourires se font rares car c’est la souffrance que l’on ressent sous-jacente… Mon école a mal, elle va mal. Je voudrais que le cauchemar s’arrête…

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Une réforme qui ressemble a une prise d’otage…

Il y a quelques jours, j’écrivais qu’avec la bonne volonté de chacun, les choses se mettaient doucement en place. La réalité c’est plutôt que certaines difficultés inhérentes à la réforme commencent à dégrader le climat de l’école en silence. Cette réforme crée par essence des conflits, et on touche aujourd’hui les limites du système. Quelles sont elles ?

Un taux d’encadrement inhumain

Un adulte pour 14 enfants payé au lance-pierre… Pas facile pour arriver à boucler un recrutement ou pour fidéliser de jeunes animateurs… Personnellement, si à 17 ans, on m’avait confié 14 enfants de 3 à 5 ans, je n’aurais pas tenu une semaine.

Un rôle schizophrénique confié aux ATSEM

La journée, elles sont aux côtés de la maîtresse pour changer les enfants qui ont eu des accidents, emmener les enfants aux toilettes, aider au nettoyage après la peinture… A 15h, en présence des mêmes enfants, dans les mêmes locaux, elles revêtent leur costume invisible d’animateur pour un atelier cuisine, lecture ou autre. Les enfants n’y comprennent rien surtout quand ils ont un besoin urgent d’aller faire pipi, « -Mais que non là maintenant je ne peux pas t’aider. Ce n’est pas dans le cadre de mes fonctions. » Les ASEM n’ont jamais eu de formation avant d’être jetée dans le grand bain. Bien qu’elles côtoient nos enfants depuis longtemps, elles n’avaient pas cette responsabilité. Quatorze enfants à gérer seule, c’est source de difficultés aussi pour elles…

Des enseignants qui se sentent « persona non grata » à partir de 15h

C’est une des conversations qui m’a le plus touché cette semaine… L’instit de ma fille, 24 ans d’expérience, passionnée par son métier, les larmes aux yeux quand je lui demande où est-ce qu’on en est avec ces rythmes. Les animateurs qui défilent, elles les voient tous les jours parce que dans le 20eme, on n’arrive pas à boucler le recrutement. Ne pas pouvoir rassurer ces élèves en leur disant précisément qui va venir les chercher à 15h pour faire quelle activité lui est devenue insupportable. Voir les ASEM reproduire ce qu’elle fait en classe, est également source de climat malsain, me confie-t-elle. A partir de 15h, les animateurs prennent possession des lieux et c’est dur pour elle de se sentir rejetée de sa classe, recluse dans une salle en entendant l’agitation à côté… Elle qui aime tant son métier, la voir atteinte dans sa motivation et ses convictions ne peut que me heurter de plein fouet.  Casser les enseignants n’était pas l’objectif de cette réforme et pourtant c’est l’une de ses conséquences indéniables.

Pourquoi c’est la M… dans le 20eme ?

Aujourd’hui, les REV et animateurs du 20ème arrondissement de Paris ont fait grève. Pas tout Paris, non… il semblerait que les difficultés soient concentrées à l’Est.. Du coup s’est formé un collectif des REV du 20ème à l’issu de la mise en place de la réforme éducative sur les rythmes scolaires. Aujourd’hui ils ont protesté contre les dysfonctionnements internes qui entravent quotidiennement leur travail, pour que  leurs équipes soient d’avantage considérées dans leur charge de travail et le temps que cela représente. (Veuillez comprendre qu’ils sont mal payés et que leurs heures supplémentaires n’ont pas été payées !!!) « Les REV et animateurs, se battent pour rendre cette réforme viable et positive, qu’elle puisse apporter des temps d’éveils et de découvertes de meilleure qualité.  »

Stop au carnage !

Aujourd’hui mon école était à vif. En sept ans de rentrée, contrairement à nos élus, je n’ai jamais vécu de rentrée aussi difficile. Je suis convaincue aujourd’hui que poursuivre dans cette voie ne peut rien donner de positif. Continuer ainsi en maternelle c’est alimenter une réforme conflictuelle et malsaine. Ce sont nos enfants au milieu. Comment peuvent-ils tirer quelque chose de positif au milieu de ce merdier ?

C’est ma prière…

M. Peillon, M. Delanoé, Mme Brossel,  je vous le demande solennellement : arrêtez de prendre en otage nos enfants au nom d’une réforme qui dégrade d’école déjà bien atteinte après 10 ans de droite. Redonnez-lui de l’espoir, faites preuve d’écoute et de bons sens. Mettez vos égos de côté une minute et entendez la voix des personnes de terrain et du peuple.

Parole de simple maman pipelette…

 

 

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