Quand la maire de Paris m’invite à discuter un samedi matin…

Bon ok, je n’étais pas en tête-à-tête avec Frédérique Calandra hier matin dans la grande salle des fête…

MarieGambettaOn était quoi, 200 ? Oui environ deux cents parents d’élèves à avoir répondu à l’invitation de la mairie du XXème arrondissement à venir discuter des rythmes scolaires. Et alors quoi ? Vous brûlez d’impatience de savoir ce qui s’est dit durant ces deux heures ? Tout d’abord, qu’on se rassure, nous n’avons pas eu de réponses précises aux questions précises qui freinent notre enthousiasme à ce projet de réforme.

A savoir :

– dans quels locaux seront accueillis les enfants durant le temps périscolaires ?

– avec combien d’animateurs (dont combien titularisés et surtout formés) ?

– Je ne parle pas non plus des écoles qui ne disposent pas de centre de loisirs en leur enceinte qui ont demandé comment les enfants seraient encadrés dans la rue pour se déplacer vers un lieu d’accueil ?

Mais cette réunion avait-elle pour vocation à répondre à nos angoisses de parents obnubilés par la logistique ?  Avec du recul, je me dis que non. Même si Mme Calandra a pris plusieurs fois la parole pour présenter le projet et ses avancements, je la soupçonne d’avoir surtout voulu prendre le pouls des parents sur cette réforme. Nous aussi, allons cheminer jusqu’aux urnes l’année prochaine, après tout…

Et bien, je pense que notre maire du XXème a été servie… Parce que, à mon sens cette réunion très agitée, a permis d’exprimer :

– une inquiétude très prononcée de tous les parents présents aujourd’hui devant la volonté de M. Delanoé a faire passer cette réforme dès la rentrée 2013 ;

– un constat assez négatif de la gestion du périscolaire actuel d’où un scepticisme très avancé ( voire une absence de confiance avérée) vis à vis des promesses annoncées ;

– Une incompréhension face à la priorité donnée à cette réforme par rapport aux autres problèmes scolaires urgents à régler comme les remplaçants en nombre insuffisant, le RASED décimé, des effectifs ultra lourds dans chaque classe…

– et un scepticisme vis-à-vis de cette réforme qui n’aborde pas le temps scolaire sur l’année complète en faisant l’impasse totale sur les grandes vacances et surtout qui ne rajoute pas d’heure d’apprentissage dans les faits…

Voila en résumé, ce que je retiens de ce temps de parole qui nous a été accordé. J’ai espoir que ce temps n’a pas été vain et que ce qui s’est dit remontera aux oreilles du maire de Paris.

Pour ma part, ce qui m’a frappé c’est que cette réforme a soulevé le thème des inégalités sociales face à l’accès à la culture… Ce que je n’ai pas osé dire tout haut, c’est que je trouve que cette réforme est profondément inégalitaire sur le territoire nationale. La réalité aujourd’hui en France est qu’un grand nombre de communes rurales ou de moindre envergure sont proches de la faillite et qu’elles n’auront jamais ni en 2013, ni en 2014 le financement adéquate pour mettre en œuvre cette réforme.

Le gouvernement souhaite donner l’accès à la culture à tous les enfants de France ? Alors qu’il réfléchisse d’abord à un projet applicable au niveau national qui ne dépende pas ni de la couleur, ni du niveau des caisses des communes de France.

1 commentaire

  • Dominique dit :

    Merci pour cet excellente synthèse des questions qui ont agité (pour le moins!) la réunion de samedi et cette conclusion si vraie sur les inégalités que ne manqueraient pas de créer cette réforme.

Laisser un commentaire